Mathias Tujague

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Mon travail tourne autour de la production d’objets, d’assemblage de formes issues du quotidien et appartenant à une communauté.

Par le biais de focus (sur des éléments constituant cette communauté) je produis des objets, qui, soustraits à leur environnement premier, et dénués de leur fonctionnalité de départ, ne font plus référence qu’à eux-mêmes. Une certaine ambiguïté réside cependant dans le fait que ces objets sont représentés pour ce qu’ils sont, mais perçus pour ce qu’ils suggèrent.

Très attaché aux formes, et aux objets d’origine, c’est dans leur absence de pouvoir (faire) que s’affirme leur présence, leur manière d’être, de coexister à nouveau. C’est par un travail d’assemblage, d’association, et de mise en espace que les rapports de référentialité des objets, génèrent un nombre de fonctionnements tautologiques et autoréférentiels, qui présentent alors une nouvelle « fictionnalité », propre à chacun (nouvel usage).

Cette transitivité donne l’impression de devenir propre à chacun, mais on ne peut pas en disposer ; cela donne l’impression d’une nouvelle fonctionnalité, mais non. La « fictionnalité » ici est à considérer en tant que fonction (de fiction), comme re-générateur du discours, re-mythifier.

Un glissement graduellement additif s’opère habituellement du trait comme geste (gramé) à l’ornementation et au motif (glupha), en passant par le signe (graphé). J’opère dans mon travail un glissement inverse, une récursion des formes par évidemment progressif, des formes syntagmatiques qui se maintiennent dans une forme de suspens, de maintient d’une opérativité qui devient quelque chose de mystérieux.

Une certaine gravité semble émerger de ces formes réduites à leur simple apparat (appareil archétypal), offrant ainsi d’autres potentialités de fonctionnalités, ou de non-fonctionnalité, et répondant à une sorte d’absurdité de la perfectibilité de l’objet reproduit.

La longue période de fabrication des objets est une étape indispensable à l’élaboration et à l’évolution de mes projets, c’est lors de cette période de construction que se produiront les formes à venir et les assemblages qui en résulteront. Je vois l’installation en tant qu’ensemble, et ne pense pas ma production élément par élément.